Quick commerce & dark store : la course contre la montre !

Véritable phénomène et notamment dans les grandes métropoles, le « quick commerce » ce sont des commandes préparées en 4 minutes, un délai de livraison garanti en moins de 15 minutes pour un coût de livraison plus que modeste (moins de 2 euros). Résultat : un panier moyen de 20 € par commande et une croissance de 86 % en 2021 !  Le site LSA a dénombré près de 25 acteurs sur ce tout jeune marché hexagonal en pleine croissance.

Né de la crise Covid bien sûr mais aussi de la volonté de tordre le cou à la fameuse « gestion du dernier kilomètre », bête noire de la livraison à domicile, le quick commerce est indissociable du concept de « dark store ».  Ces entrepôts de centre-ville, car c’est là que réside leur spécificité (être au plus près du client pour garantir une livraison en temps record) sont de véritables magasins, vides de tout client, destinés à la préparation de commandes et arpentés par des opérateurs nommés pickers. Le deuxième homme fort du concept est ensuite le rider (ou livreur) qui a pour mission de respecter l’engagement de livraison.

Une croissance exponentielle

La réussite de ces entrepôts de taille modeste (200 à 300 m2) passe aussi par leur multiplication. Ainsi, l’acteur allemand Flink a pour objectif d’en implanter un dans chaque arrondissement parisien, et ce le plus rapidement possible.

Objectif : augmenter la masse de clients potentiels, du fait de la densité urbaine, et être rentable rapidement tout en accroissant sa visibilité marketing.

Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux, les grands centres urbains sont pris d’assaut par ces startups aux noms exotiques : Cajoo, Gorillas, Frichti, Yango Deli Getir, Gopuff… qui trouvent cependant leur inspiration dans la capacité d’adaptation du commerce traditionnel en temps de crise.

Au milieu des années 2010, les premiers dark stores apparaissent outre Atlantique, en réponse à la désertification des centres commerciaux notamment. Trop nombreux, des clients à la recherche d’autres modes de consommation imposent à ces espaces de s’adapter, dans une croissance fulgurante du commerce en ligne. Proches des lieux de vie et des axes routiers, ils deviennent alors des centres logistiques avancés. Les surfaces de vente se transforment en zones de picking, les caisses en zone de packing et les quais de réception en zone d’expédition. La France n’échappe pas à ce phénomène et de nombreux retailers ont choisi cette option, pour maintenir leurs activités, en temps de confinement.

La rapide démultiplication des acteurs du « quick commerce » les oblige à se diversifier s’ils veulent espérer tirer leur épingle du jeu.

Pour ce faire ils peuvent s’appuyer sur des levées de fonds conséquentes, ou, dans une vision à plus long terme, créer des partenariats avec des acteurs historiques de la GSA (ex : Cajoo et Carrefour). Gorillas, lui, va plus loin et n’hésite pas à consolider ses activités de quick commerce en absorbant directement Frichti, le service de livraison de repas.

Vers une régulation des dark stores

Aujourd’hui cependant, comme tout marché émergent et de surcroit dynamique, la réglementation est un peu à la traine et le phénomène commence à inquiéter les municipalités, redoutant une fragilisation du commerce traditionnel des centres villes.

Le statut des livreurs est aussi la cible des critiques et le risque de voir le paysage urbain altéré ne joue pas en la faveur de ces nouveaux acteurs. C’est pourquoi la municipalité de Lyon souhaite, comme celle de Paris, en limiter le développement et vient de s’opposer à l’implantation d’un dark store, en s’appuyant sur le plan local d’urbanisme.

Si la régulation du secteur est sans aucun doute un passage obligé, ses perspectives alléchantes attirent aussi les convoitises des acteurs traditionnels du retail qui n’hésitent pas à déployer leurs propres dark stores. Ces espaces de stockage plus conséquents et potentiellement automatisés permettront d’optimiser encore plus le temps de préparation des commandes.

Ici, la guerre est une question de minutes gagnées au service d’une exigence client qui ne fait que s’accroitre !

Pour en savoir plus sur nos convictions et notre expertise sur le sujet, n’hésitez pas à nous contacter !

Pixis Conseil est un cabinet de conseil indépendant, expert du Retail en stratégie et organisation, créé en 2005. Il est constitué de femmes et d’hommes expérimentés, avec une double expérience opérationnelle et conseil, pour apporter l’efficacité nécessaire à la réalisation de nos missions.